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Assis sur une chaise, les pieds doivent poser entièrement à plat sur le plancher ; le séant doit être bien en place sur le siège choisi, non sur le bord, mais jusqu’au fond, en observant que le dos ni les épaules ne doivent toucher le dossier - ce qui n’est possible d’ailleurs que si la position n’est pas correcte : les reins insuffisamment dé-cambrés, la colonne vertébrale non parfaitement droite. Les épaules et les bras doivent tomber naturellement. Les mains sont posées sur les cuisses, les coudes au corps, les doigts formeront un V, le pouce étant posé à l’intérieur des cuisses, les quatre doigts à l’extérieur. Figure I de la planche I. Les pieds ne se touchent pas, ils forment également un V, les pointes des orteils étant à quinze ou vingt centimètres l’une de l’autre, les talons à cinq ou dix centimètres environ.

Les lèvres restent closes, les dents ne se touchant pas, la langue souple, la pointe légèrement relevée s’appliquant naturellement contre les incisives inférieures. Le menton ne doit pas être projeté en avant, mais maintenu plutôt légèrement rentré, ce qui donne une attention plus consciente, une pensée indépendante, détachée de l’objectif, le dominant et le maîtrisant, parce que cette seule attitude confère déjà par elle-même un état de concentration, parce que en maintenant droite la nuque, elle évite la désastreuse « pliure » qui rend passif par manque de connexion entre l’épiphyse et l’individualité, la pensée résidant au cœur.

Ainsi, tenant souplement, avec détente, aisance, cette attitude consciente, royale, on est en possession de soi, de son attention, de son contrôle. On ne permet à aucun bruit, objet, idée, de s’interposer entre le but bien déterminé qu’on se propose, et la pensée qui a décidé de l’atteindre.

Il faut observer de conserver durant tout l’exercice une complète aisance et de ne se laisser gagner par aucune raideur ou préoccupation.

Veiller, pour être tout à fait à l’aise, que la chaise choisie soit à bonne hauteur pour permettre de poser à terre les pieds, bien naturellement ; au cas où le siège est trop haut, placer sur le sol, un livre, ou une planche de l’épaisseur utile, ou bien si, au contraire, le siège est trop bas, que les cuisses et les jambes ne forment point l’équerre correcte, surélever ce siège, avec livre ou quelque autre chose, mais non avec un coussin. Il est utile de toujours tourner le dos à la lumière, à la source lumineuse de la pièce, cela facilite la concentration et supprime des causes de tiraillement visuel.

Il est utile, afin de permettre de centrer le regard sur un unique point, de placer sur la paroi qu’on a devant soi, un rond noir, comme un centime par exemple, sur lequel on attache le regard durant l’exécution de tous les exercices rythmiques. On peut prendre, pour faire ce point de fixation, tout ce que l’on veut, qui ne soit pas brillant, ceci afin d’éviter un effet hypnotique, qu’il n’est pas du tout désirable d’obtenir. Un bouton, un jeton de bois, un centime, un petit disque dessiné sur une carte, etc., en bleu foncé ou noir, placé à hauteur des yeux, à deux mètres environ devant soi, cela suffit.

Ainsi, bien installé, aussi commodément que possible, inspirer et expirer, cinq ou six fois de suite rapidement, comme en une sorte de halètement, puis terminer par une expiration, aussi approfondie que possible, aisément.

Pendant qu’on «pousse» volontairement cette dernière expiration qu’on prolonge à dessein, il faut procéder à la «visite mentale» de détente dont nous avons déjà fait mention précédemment. Ceci, en vue, ainsi que dit déjà, de déloger toutes raideurs et crispations qui interceptent tous libres courants, aussi bien organiques que mentaux. 

Commencer par porter l’attention sur le pied droit et commander, au passage, détente et souplesse, remonter le long du corps : détendre jambe, genou, cuisse, torse, cou, nuque, mâchoire, langue, muscles du visage et cerveau. Poursuivre l’examen en descendant le long du corps, du côté gauche, pour aboutir au pied gauche. Il faut parvenir à «visiter» ainsi toutes les parties du corps, tous les organes. Toute autre pensée ou préoccupation doit être écartée, il faut suivre cette rapide mise en détente, et l’expiration, avec attention absolue ; la pensée doit être «centrée» en son point d’émission, au centre de gravité de l’être - au cœur. Tout, finalement, s’harmonise, s’apaise, s’équilibre, lorsqu’on parvient à faire correctement cette «revue» interne. Il ne faut pas croire qu’il s’agisse là d’une théorique fantaisie irréalisable. Chacun doit parvenir à faire cela aisément au bout de quelque temps, et sa faculté et son pouvoir de concentration y gagneront en développement, et cela facilitera les exercices. 

Lorsque parfaitement détendu, à l’aise et concentré, on se sent paisible et satisfait, on procède alors à l’exercice rythmique, dans les meilleures et plus favorables conditions.

Tout le secret du développement complet réside dans la faculté qu’a l’individu de se concentrer entièrement sur tout ce qu’il exécute. Les exercices rythmiques faits sans qu’une parfaite concentration permettent à la pensée de participer, ne seraient que partiellement efficaces ; de même, se concentrer sans supprimer, anéantir, préalablement toute tension, et sans exercer une large respiration contrôlée, ne pourrait amener aucun véritable développement mental, et risquerait même de faire dévier dans une vaine et stérile « contemplation » imaginative. 

Le respire individuel est établi sur un rythme de 7 secondes d’inhalation et de 7 secondes d’expiration, qu’on atteint progressivement, alors que le respire maternel ou respiration transmise à la naissance, correspondant à celle entretenue lors de la conception par la mère, est généralement tout au plus de 3 secondes, et quelquefois moindre. Cela se répercute sur toutes les conditions et activités de l’existence de l’individu, qui est ainsi en état d’insuffisance, et qui ne peut prendre son essor individuel, tant qu’il ne modifie pas sciemment et volontairement sa respiration, agent de vie par excellence, en la rendant large, profonde, rythmée sur 7 secondes d’inspiration et 7 secondes d’expiration. Le but de nos exercices est d’amener, par leur répétition consciente, par l’application méthodique de nos enseignements, ce rythme individuel de la respiration, pour tous individus qui veulent se libérer de la souffrance, de l’ignorance, de l’obscurité. 

L’unique but de ces exercices rythmiques si puissamment opérants, est donc de permettre à chacun d’établir son respire individuel, qui l’amènera à se connaître et à pénétrer et comprendre la naturelle science de la vie, qui n’est point un mystère dont la révélation n’est promise qu’à certains «initiés», mais qui ne peut se révéler à chacun qu’à mesure de sa culture individuelle, de la «révélation» qu’il se fait à lui-même de ses pouvoirs d’investigation, de pénétration, d’utilisation de cette merveilleuse vie qu’il possède, et qu’il utilise toujours mieux.

Tout être à droit au bonheur, à la plénitude féconde, chaque pas l’y conduit lorsqu’il devient conscient de ses valeur et facultés, lorsque rénové de corps et d’esprit, il devient apte à contrôler et gouverner ses propres forces et pouvoirs et à s’harmoniser avec les lois de l’univers. Tout déséquilibre, fonctionnel ou mental, empêche la réalisation de cette communion de l’homme avec sa source, son origine : avec l’universel Esprit. La respiration consciente, rythmée, qui donne parfait équilibre organique et lucidité de pensée, peut seule faire vivre pleinement, heureusement l’être humain en voie d’évolution. 

Dr HANISH, Otoman Zar-Adusht «L’Art de la Respiration»

LES ÉDITIONS MazdÉennes, 152, Boulevard Saint-Germain, PARIS-VI, 1957

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